Notre principe

On évalue d'abord, on soigne ensuite

Handicap moteur, déficience intellectuelle, trouble du spectre de l'autisme, maladie neurologique, polyhandicap : chaque situation est différente, et aucune ne se traite sur le mode habituel du rendez-vous standard. Commencer par un soin, sans savoir ce que la personne tolère, expose à un échec qui rendra tous les rendez-vous suivants plus difficiles.

Nous demandons donc systématiquement une première consultation d'évaluation, sans soin. Aucun instrument n'est utilisé si la personne n'y est pas prête. L'objectif est de se rencontrer, d'observer ce qui est possible, et de déterminer et comment les soins pourront être réalisés. C'est du temps gagné, pas du temps perdu.

La consultation d'évaluation

Ce que nous cherchons à établir

Elle dure environ trente minutes et se déroule en présence de la personne accompagnante. Elle porte autant sur la bouche que sur le contexte.

Tolérance

Ce que la personne accepte

S'asseoir au fauteuil ou rester dans son propre fauteuil roulant, être allongée ou non, ouvrir la bouche, supporter la lumière, le bruit, le contact d'un miroir. Nous avançons pas à pas et nous nous arrêtons là où ça bloque — c'est justement l'information que nous cherchons.

Communication

Comment entrer en relation

Compréhension du langage, sensibilité au bruit ou au toucher, repères qui rassurent, signes d'inconfort à reconnaître. Dites-nous ce qui fonctionne chez vous : vous connaissez la personne mieux que nous, et cette information vaut beaucoup.

Médical

Le contexte de santé

Traitements en cours et ordonnance complète, épilepsie, troubles de la déglutition ou risque de fausse route, réflexe nauséeux marqué, pathologie cardiaque ou respiratoire, antécédents d'anesthésie. Ces éléments déterminent en grande partie où les soins pourront avoir lieu.

Bouche

L'état bucco-dentaire

Nous regardons ce qui est possible de regarder, sans forcer. Même un examen partiel oriente : douleur probable, urgence ou non, hygiène réalisable au quotidien, besoin ou non d'imagerie complémentaire.

Sur le plan juridique, nous avons aussi besoin de savoir qui consent aux soins : la personne elle-même, ou un représentant légal dans le cadre d'une mesure de protection. Si une tutelle ou une curatelle existe, apportez le document.

La décision

Au cabinet, ou ailleurs

À l'issue de l'évaluation, nous vous disons franchement ce qui est réalisable ici et ce qui ne l'est pas. Orienter n'est pas se défausser : c'est éviter de faire mal une chose qui sera bien faite ailleurs.

Au cabinet

Avec des aménagements

Quand la personne tolère l'examen et les gestes simples, nous soignons ici. Nous adaptons alors le cadre : rendez-vous en début ou en fin de journée quand la salle d'attente est vide, créneaux plus longs, séances courtes et répétées plutôt qu'une longue séance, actes fractionnés, présence de l'accompagnant tout du long, et parfois plusieurs venues de simple familiarisation avant le premier soin.

En milieu spécialisé

Sous sédation ou anesthésie générale

Quand les soins nécessaires ne peuvent pas être réalisés en état de veille — mouvements incontrôlés, impossibilité d'ouvrir, angoisse majeure, volume de soins important à regrouper —, la prise en charge relève d'une structure hospitalière disposant d'un plateau d'anesthésie. Nous vous orientons alors, et nous transmettons notre bilan et notre imagerie pour que rien ne soit refait inutilement.

Coordination

Quand les soins demandent plusieurs interlocuteurs

Certaines situations ne se règlent pas dans un seul cabinet. Nous prenons alors contact avec les autres professionnels concernés, avec votre accord, plutôt que de vous laisser faire la navette entre eux.

Avec qui nous échangeons

  • Le médecin traitant — pour l'état général, les traitements en cours et l'aptitude à un geste donné.
  • Les spécialistes qui suivent la personne : neurologue, cardiologue, psychiatre, gastro-entérologue selon le cas.
  • L'équipe d'anesthésie, lorsqu'une sédation ou une anesthésie générale est envisagée.
  • L'orthophoniste ou le kinésithérapeute, en cas de troubles de la déglutition, de la respiration ou de la posture qui retentissent sur la bouche.
  • L'établissement ou le service d'accompagnement, pour l'hygiène quotidienne et le suivi entre les rendez-vous.

Ce que nous vous demandons d'apporter

  • L'ordonnance complète et à jour, ainsi que le carnet de santé s'il en existe un.
  • Les comptes rendus médicaux utiles, en particulier ceux d'une anesthésie antérieure.
  • Le jugement de tutelle ou de curatelle, le cas échéant.
  • Les radiographies dentaires déjà réalisées, même anciennes.
  • Et surtout : ce que vous savez de la personne — ce qui l'apaise, ce qui la met en difficulté, comment s'est passé le dernier rendez-vous médical.
Vos questions

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas faire les soins dès la première fois ?

Parce qu'un soin entrepris sans savoir ce que la personne tolère a de bonnes chances de mal se passer — et un rendez-vous qui se passe mal laisse une trace durable. La fois suivante est alors plus difficile, et celle d'après encore davantage.

Une consultation d'évaluation, c'est trente minutes investies pour que tous les rendez-vous suivants se passent mieux.

Le cabinet est-il accessible en fauteuil roulant ?

Oui. Le cabinet est accessible en fauteuil roulant : vous pouvez venir sans avoir à organiser quoi que ce soit de particulier pour entrer. Signalez-nous simplement la situation au moment de la prise de rendez-vous, afin que nous prévoyions le temps nécessaire et un créneau calme.

Faut-il quitter le fauteuil roulant ?

Pas nécessairement. Beaucoup d'examens et certains soins simples se réalisent la personne restant dans son fauteuil. Le transfert n'est proposé que s'il est confortable, sûr, et réellement utile au geste prévu. Dites-nous ce qui est le plus confortable pour la personne : nous nous adaptons, et nous prévoyons le temps qu'il faut.

La personne refuse d'ouvrir la bouche. Est-ce sans issue ?

Non, mais cela demande du temps. Une approche progressive fonctionne souvent : plusieurs venues très courtes sans aucun geste, simplement pour s'habituer au lieu, aux personnes, au fauteuil, puis au miroir, puis au contact. On appelle cela la désensibilisation, et elle se construit sur plusieurs rendez-vous.

Vous pouvez y contribuer beaucoup en préparant la venue à la maison : montrer des photos du cabinet, raconter le déroulé, s'exercer à regarder dans la bouche avec une petite cuillère ou une lampe. Si malgré cela l'ouverture reste impossible et que des soins sont nécessaires, l'orientation vers une prise en charge sous anesthésie générale devient la solution raisonnable — pas un échec.

Qui signe le consentement aux soins ?

La personne elle-même chaque fois qu'elle est en mesure de comprendre et de décider — et dans ce cas nous nous adressons à elle directement, pas seulement à son accompagnant. Lorsqu'une mesure de protection existe, le représentant légal signe, mais nous continuons d'expliquer à la personne concernée, avec des mots qu'elle peut saisir. Son refus est pris en compte, y compris quand un tiers a donné son accord.

À quelle fréquence revenir ?

Plus souvent que la moyenne : deux à trois fois par an. La raison est simple — le brossage quotidien est souvent moins efficace, l'alimentation parfois plus sucrée ou mixée, plusieurs médicaments assèchent la bouche, et surtout la douleur s'exprime mal. Une carie peut évoluer longtemps sans plainte identifiable. Le contrôle régulier remplace le signal d'alarme qui manque, et permet de traiter petit plutôt que gros. Les enfants comme les personnes âgées en situation de handicap relèvent du même rythme rapproché.

Le brossage est un combat quotidien. Des conseils ?

Placez-vous derrière la personne, sa tête calée contre vous : c'est plus stable et bien plus confortable pour tous les deux que de se faire face. Une brosse électrique à petite tête réduit le temps de contact et fait le travail à votre place ; les brossettes interdentaires sont plus faciles à manier que le fil.

Un moment fixe, toujours le même, dans une pièce calme, aide plus que la durée du brossage. Si l'opposition est forte, mieux vaut un brossage bref et accepté chaque jour qu'un brossage complet obtenu de force une fois sur trois. Montrez-nous comment vous faites lors du rendez-vous : nous ajustons ensemble.

Prendre le temps de se rencontrer

Signalez la situation lors de la prise de rendez-vous : nous prévoirons un créneau adapté pour la consultation d'évaluation.